Le 16 février s’est tenu le dernier conseil municipal du mandat de l’actuel maire de Limas, M Thien. Un moment qui illustre, une fois de plus, ce que Limas Ensemble pour l’Avenir dénonce depuis des années, et ce que nous voulons changer au prochain mandat.
La séance a été presque entièrement rythmée par un monologue du maire. Les points de l’ordre du jour ont été déroulés d’un trait, sans respiration et sans laisser aux conseillers municipaux le temps d’intervenir.
Le budget 2026, pourtant décisif pour la vie de la commune et son avenir, en a été un exemple frappant. Il a été présenté au pas de charge, à coups d’énumération de chiffres, sans mise en perspective, sans analyse et sans explication. Quelle vision politique portait ce budget ? Quels projets structurants en étaient le cœur ? Pour le comprendre, il aurait fallu deviner ce que le maire pensait, tant il est resté au niveau de la forme, sans jamais aborder le fond.
On le voit bien : cette manière de conduire les débats, portée par le maire et son premier adjoint Pascal Girin, a un effet immédiat. Elle réduit l’échange au minimum et évite tout débat contradictoire.
Une intervention de l’opposition, au nom de Limas Ensemble pour l’Avenir, a d’ailleurs mis en lumière cette logique. Véronique Grondin, au sujet des dotations aux associations, s’est étonnée de l’absence de communication sur les critères d’attribution. Alors qu’elle rappelait l’exigence de transparence qui serait au cœur de l’action de LEA si nous étions en responsabilité, le maire lui a coupé la parole pour affirmer que le conseil municipal « n’était pas le lieu pour faire de la politique ».
C’est là une divergence majeure entre LEA et l’actuelle équipe municipale.
D’un côté, la politique est comprise comme l’exercice du pouvoir et la façon de l’exercer. C’est la conception défendue par le maire et son premier adjoint, notamment lorsqu’ils se présentent comme les « chefs » de la commune, au motif que « la ville a besoin d’un chef ».
De l’autre, la politique, au sens où nous l’entendons, est la gestion de la vie communale. Dans cette acception, toute question qui concerne le quotidien des habitantes et des habitants relève du débat politique : les services, les associations, les finances, les priorités, les choix et leurs conséquences. Comment, dans ces conditions, peut-on soutenir, comme M. Thien, que la politique n’a pas sa place au conseil municipal, sauf à considérer que la vie de la commune dépendrait uniquement des décisions du maire ?
Cette absence de confrontation d’idées nuit gravement à la démocratie locale.
Une autre séquence, cette fois au sein même de la majorité municipale, l’a montré de manière saisissante. Gilles Bouvan, adjoint de la majorité, a regretté lors de l’examen du budget que celui-ci ait été construit par le maire seul. La réaction a été immédiate : le maire l’a accusé de mentir, et le premier adjoint, Pascal Girin, a dénoncé l’« ingratitude » de son collègue.
Que retenir de cet épisode ? Toute critique est disqualifiée, aucune remise en question n’est admise, et l’allégeance au maire devient une condition implicite du débat.
Au final, ce conseil municipal du 16 février 2026 révèle une conception très verticale du pouvoir, où la démocratie participative et le débat d’idées sont vus comme des obstacles plutôt que comme des atouts. C’est précisément cette vision que Limas Ensemble pour l’Avenir veut faire évoluer, en installant une culture du dialogue, de l’écoute et de la transparence, au service de l’intérêt général.





